Quel a été votre parcours qui vous a conduit à rejoindre la Villa des Poètes ?

J’ai terminé mon cursus d’internat et de docteur junior le 31 octobre 2025, ce qui fait de ce poste ma première expérience après les études de médecine.

Formations et expériences professionnelles

J’ai choisi la gériatrie très tôt, dès le début de mon internat. Depuis 2017, c’est une spécialité à part entière, avec un internat dédié, ce qui m’a permis de me former exclusivement à cette discipline.

Pendant ces années de formation, j’ai eu la chance d’exercer dans différents services hospitaliers. J’ai également soutenu une thèse en 2024, avec une publication dans la Revue de gériatrie sur la plus-value du gériatre aux urgences. Aujourd’hui, j’exerce à 80 % à la Villa des Poètes, tout en conservant une activité hospitalière à Martigues, un équilibre qui me tient à cœur.

Le choix du secteur du grand âge

Mon choix pour la gériatrie est avant tout personnel et s’est construit très tôt.

Quand j’étais petite, je voulais être le médecin de mon grand-père. J’ai toujours eu un lien un peu privilégié avec les personnes âgées.

Pendant mes études, j’ai travaillé comme aide-soignante puis infirmière en EHPAD, la nuit et les week-ends. J’ai grandi professionnellement dans cet univers.

Ce que j’aime en gériatrie, c’est sa richesse. On ne soigne jamais qu’une pathologie. On prend en compte le médical, bien sûr, mais aussi le psychologique, le social, la cognition. J’ai un attrait particulier pour les maladies neurodégénératives et les troubles du comportement.

En EHPAD, on a le temps de faire les choses de manière qualitative. Le temps de comprendre, d’accompagner, d’ajuster. C’est ce que j’appelle la belle gériatrie. Et c’est exactement ce que je recherchais en rejoignant la Villa des Poètes et LNA Santé, très engagés sur les interventions non médicamenteuses et l’accompagnement cognitif.

Quel est le rôle du médecin coordonnateur au sein de la résidence ?

J’aimerais apporter une vision vraiment globale du résident, en faisant le lien entre le médical, le psychologique et le social.

Je vois mon rôle de médecin coordonnateur comme un rôle de lien au quotidien. Un lien entre les différentes dimensions de l’accompagnement, mais aussi entre les équipes, les résidents et leurs proches. Mon objectif est d’avoir une vision globale du résident et de ne jamais perdre de vue la personne derrière la pathologie.

Je suis très attachée à la qualité médicale et aux recommandations, mais pour moi, être médecin ne se résume pas à prescrire. C’est aussi expliquer, rassurer, accompagner. Faire du bien, parfois autrement que par les médicaments.

J’aimerais que la Villa des Poètes soit perçue comme un lieu rassurant, sécurisant et humain, notamment lorsque le maintien à domicile devient difficile. Un lieu où le résident se sent entouré et où les familles peuvent être apaisées.

Le médecin coordonnateur a aussi un rôle essentiel auprès des équipes. Les soignants sont très investis et parfois en difficulté. Mon souhait est de les soutenir, de les aider à comprendre le sens des prises en charge et de valoriser leur travail au quotidien.

Quelles sont les thématiques qui vous tiennent particulièrement à cœur dans votre pratique ?

La relation avec les familles occupe une place centrale dans ma pratique. C’est un pilier essentiel de la prise en charge.

Une famille rassurée et en confiance, c’est aussi un résident plus apaisé et un soignant qui peut travailler de façon plus sereine.

J’accorde beaucoup d’importance à l’échange et aux temps d’écoute. Pour moi, il est indispensable de maintenir un dialogue régulier avec les familles, de leur expliquer les choses, de répondre à leurs interrogations et de prendre le temps de les accompagner. J’essaie d’être disponible et accessible. Les familles peuvent venir me voir directement, sans forcément passer par un intermédiaire. Ce contact direct permet souvent d’instaurer une relation de confiance plus simple et plus fluide.

Il arrive aussi que certaines décisions nécessitent d’être expliquées et partagées. Dans ces situations, l’échange est primordial. Prendre le temps de se comprendre permet d’avancer ensemble dans l’intérêt du résident.

Cet accompagnement prend une dimension toute particulière dans les situations de fin de vie.

C’est très important d’être en accord avec les familles et les accompagner, notamment en fin de vie. C’est essentiel pour préserver la dignité du résident et soutenir les proches.

Nous assurons le suivi médical, mais l’accompagnement psychologique des proches est tout aussi important. Lorsqu’une famille se sent écoutée et soutenue, cela permet une meilleure compréhension de la fin de vie et favorise un deuil plus apaisé.

Décharger les familles des aspects techniques et organisationnels, tout en maintenant une relation de confiance, fait pleinement partie de cet accompagnement. Les familles sont un élément clé du bien-être du résident, mais aussi de celui des équipes. Lorsqu’une relation de confiance est installée, chacun trouve plus facilement sa place, au service d’un accompagnement respectueux et digne de la personne âgée.

Quelle place accordez-vous aux évaluations d’autonomie dans votre organisation ?

Les évaluations d’autonomie, comme le GIR, sont essentielles dans la vie d’un établissement. Elles permettent de mieux comprendre les besoins de chaque résident et d’adapter l’accompagnement au plus juste. Elles ont aussi un impact pour les familles, notamment en lien avec les aides et les démarches administratives.

Ces évaluations jouent également un rôle important pour les équipes. Elles permettent de valoriser le travail des soignants et de leur donner les moyens nécessaires pour accompagner les résidents dans de bonnes conditions.

Pour cela, des temps d’échange en équipe pluridisciplinaire sont organisés chaque semaine. Ils permettent de faire le point sur plusieurs situations et d’avoir une vision globale de chaque résident : état de santé, autonomie au quotidien, comportement, nutrition, etc. À l’issue de ces échanges, je peux réévaluer de manière adaptée le niveau d’autonomie du résident, autrement dit son GIR.

En parallèle, je réalise les évaluations gériatriques (EGS) ainsi que le suivi PATHOS, afin que chaque résident bénéficie d’un accompagnement à jour et cohérent. Des visites d’unités sont également organisées chaque semaine pour approfondir certaines thématiques, comme la nutrition ou la contention.

Cette organisation permet de suivre régulièrement l’évolution de chaque résident, d’ajuster l’accompagnement si nécessaire et de faciliter les démarches pour les familles.

Que souhaitez-vous apporter à la Villa des Poètes à ce moment de votre carrière ?

À ce stade de ma carrière, j’aimerais avant tout apporter une belle gériatrie, à la fois humaine et exigeante sur le plan médical. La gériatrie est une spécialité à part entière, qui nécessite de solides compétences médicales, et je tiens à mettre cette expertise au service des résidents.

Au-delà de l’accompagnement médical des résidents, je souhaite également soutenir les équipes et valoriser leur travail. Leur engagement est essentiel à la qualité de l’accompagnement, et il me paraît important de leur apporter un appui médical, mais aussi de reconnaître ce qu’ils font au quotidien.

J’aimerais apporter aux résidents de la considération, sur les plans médical, social, psychologique et humain.

Cette attention portée à chaque dimension du résident guide mon approche au quotidien. Être à l’écoute, prendre en compte chaque situation et respecter chaque parcours de vie sont des éléments essentiels de ma pratique.

Enfin, je souhaite m’inscrire dans une dynamique collective et constructive, être force de proposition et contribuer, avec un regard neuf et une pratique moderne, à faire évoluer les pratiques au sein de la Villa des Poètes, au service des résidents et des équipes.

Je suis quelqu’un de moteur, avec l’envie d’apporter un nouveau souffle et une pratique moderne.